La Maison de Majoli, maison d'hôtes de charme à Pila Canale, Vallée du Taravo, Corse du Sud

L'histoire de la famille


Chers hôtes, puisque vous allez vivre dans la maison de la famille, j'ai eu envie de partager son histoire avec vous.
Riche, triste, dramatique ou heureuse...



L'histoire de la famille Majoli
L'histoire de la famille Majoli
Antoine Lenzi et Marie Battesti se marient le 11 avril de l'an 1872.  
Ils décident de créer un bar au rez de chaussé de  leur maison située non loin d'un relais de diligence.
 
De cette  union vont naître 7 enfants : 2 garçons et cinq filles.
Malheureusement les deux garçons meurent de la grippe espagnole en 1918. 
 
Caroline se marie avec Joseph Majoli en 1898, qui sera détaché en Tunisie.
Caroline, attirée par l'aventure mais triste de quitter son village et sa famille, demandera à sa sœur Catherine de l'accompagner.
catherine ne sera pas la seule à rejoindre Caroline en Tunisie puisque Joséphine et Anne- Marie les deux autres soeurs y trouveront leurs propres époux.
Le destin frappe la famille en emportant Joseph Majoli à l'âge de 35 ans.
Il laisse Caroline avec trois enfants : Jean, Antoine et Marie. 
 
Joséphine ( la 3ème sœur ) mariée à un capitaine de l'armée gardera les trois enfants de sa soeur si touchée par la perte de son époux. 
Caroline rentrera à Pila Canale ou sa mère lui promet de l'aider à se reconstruire et récupérer ses enfants au plus vite.
Elle décidera alors de créer une épicerie pour compléter l'activité de ses parents (Bar du relais de diligence) .
Les deux garçons partent à La Flèche ( l'école de l'armée ) et en sortent officiers.
 

"Il faut forcer le destin à te sourire" lui dit-on.

Marie retrouve sa mère l'année de ses 15 ans, se marie un an plus tard et part pour l' Indochine.
Deux petites filles naissent  de cette union : l' une à Saigon, l'autre à Phnom Penn, au Cambodge.
Sur le bateau qui les ramènent en Corse survient un drame, Marie meurt tragiquement.

En Corse, à Pila Canale, tout le quartier attend le retour de cette jeune fille partie si jeune et de ses deux petites filles âgées de 24 mois et 9 mois seulement. 
Le bateau arrivera en berne à Ajaccio ...
Marthe  leur tante paternelle accueillera les petites orphelines à leur arrivée et personne ne sait  comment annoncer la triste nouvelle ...
La famille entière est plongée dans la douleur et le chagrin.
 
Caroline décidera alors de compléter son activité. Elle se lance dans la création d un hôtel, certainement pour occuper son  esprit.
Malgré les recommandations de sa mère,  Jean ne se soigne pas correctement il part sur le continent dans un centre et meurt de la tuberculose à l'âge de 33 ans.
Caroline est anéantie, elle vient de perdre son deuxième enfant.
Certaines  vies sont plus frappées par le destin que d'autres, c'est le courage et la foi, quelle qu'elle soit qui change le cours des choses et qui permet à ces personnes touchées au plus profond d'elles de continuer à avancer.
 

Jeannette va nous accueillir tous les étés de notre enfance

Mon grand père se marie le 30 aout 1932, de cette union naitront deux enfants.  Ma mère et mon oncle seront les petits qui égaieront la maisonnée!
Caroline vit enfin des années paisibles entourée et aimée des siens. Elle meurt en 1965, son fils la suivra en 1968 laissant ma grand mère Jeannette seule.
 
Silencieuse sur ce passé si douloureux, Jeannette va nous accueillir tous les étés de notre enfance.
La porte de sa maison toujours ouverte écoutait et apaisait ceux qui s'y présentaient. Sa discrétion, son courage, sa générosité, marqueront sa personnalité tant appréciée.
 
Mes parents vont nous faire découvrir la vie du village surtout, lorsque mon père se présentera à la mairie,et que ma grand mère se passionnera pour cette campagne électorale. Un de mes frère viendra s'installer près d'elle.
 
Quand elle ne peut plus vivre seule et qu'elle décide de se rendre à Ajaccio chez sa fille entourée de ses petits et arrières petits enfants, le village sombrera doucement dans l'oubli.
La maison a fermé ses fenêtres, sa cheminée ne brûle plus d'aucune des buches pourtant laissées dans la cantine, prêtes  à réchauffer l'âtre et le coeur des habitants de la maison.
On se rendra compte alors combien il est important d'avoir une porte que l'on peut ouvrir afin de transmettre naturellement notre héritage familial.
 
Si  certaines familles sont plus touchées par la disgrâce que d'autres, nous leur devons à TOUTES  un devoir de mémoire ...